Quota pour les JO

Jan 30, 2026 | News | 1 commentaire

Il a  manqué un maillon dans la chaîne de transmission entre les décideurs des nouvelles règles du quota olympique par nation et les acteurs de terrain, coureurs, entraîneurs, sélectionneurs. Ces régles semblent orientées vers une préférence de skieurs polyvalents, alors même que cette polyvalence a était retirée avec la disparition des combinés et… ce sont deux polyvalents qui restent sur la carreau ! Il est vrai que tous les deux ont du réduire leur talent à une seule épreuve à la suite de graves blessures. Il sont deux fois victimes… C’est désolant pour eux, leurs familles, leurs entraîneurs, leurs clubs, l’équipe de France, et l’Olympisme. Voilà encore de quoi alimenter le front du refus de l’organisation des JO 2030 en France.

Alban Elezi-Canafarina à l’entraînement l’hiver dernier à Courchevel.

Cet évènement malheureux a lancé prématurément la dramaturgie des JO. Le rideau se lève sur la douche froide des quotas (7) attribués à nos skieurs qui les plonge dans le désarroi survenue au tout dernier moment, puis le coup de théâtre du gain d’une 8e place qui se jouera dès le lendemain pour les géantistes et le surlendemain pour les slalomeurs. Le chaudron glacé de Schladming dramatise encore la mise en scène des deux actes suivants. Outre la pression de la course, et l’enjeu-couperet immédiat, le géant est piqueté sur une surface hyper-glacée impitoyable. Le scénario se précise avec les nombreux échecs de skieurs dépassés par la difficulté du terrain et seulement quelques uns en réussite. Après les échecs de Thibaud Favrot et Alexis Pinturault, Alban Elezi-Canafarina, encore si peu connu, renverse le cours des choses et monte sur le podium ! Le troisième acte monte en puissance avec le tracé improbable de la deuxième manche qui écarte malheureusement Victor mais permet au talent de Clément Noël d’éclabousser. Alban et Clément, 8es de la première manche, gagnent la deuxième, et montent sur la 3e marche du podium : ils l’ont écrit !

Mais nos cœurs sont serrés pour Victor, Thibaud et Alexis, alors qu’ils s’étaient préparés dans l’espoir de monter dans le traditionnel wagon de 11 places, c’est un 8 places qui part sans eux ! Frustrant, rageant, révoltant…

L’incroyable sélection d’Alban montre, une fois de plus, que le ski est un sport d’adaptation : chaque skieur doit trouver sa solution au problème du jour. Ce problème n’est jamais simple parce qu’il associe plusieurs paramètres externes – les caractéristiques météo, du terrain et du tracé – et internes – état de forme, points forts, état d’esprit, etc. Autrement dit, le jour J tout peut arriver, un outsider peut s’imposer… encore faut-il qu’il fasse partie de la sélection !

Ce 8e quota révèle les aléas des sélections.

Les sports de pleine nature ne permettent pas de sélectionner à partir d’un chronomètre indiscutable comme on peut le faire en athlétisme ou en natation. Le seul critère est le rang dans le classement mondial. Mais pour les JO, cette logique s’oppose à une autre, celle d’une ouverture au plus grand nombre de nations, ce qui est aussi respectable… Le spectacle s’enrichit d’une touche folklorique.

Reconnaissons aussi que Schladming nous a gratifié d’un spectacle extraordinaire. Un grand bravo à Alban, le héro du jour, qui a réussi un véritable exploit !

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